interview de Guillaume Bellom

jeune pianiste bisontin et concertiste international
ancien élève du CRR du Grand Besançon
artiste associé au projet « pianOpen » du CRR

« pianOpen » > 4 jours consacrés au piano
du 17> 20 OCT. 2018 > gratuit
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interview 20.09.2018
CRR // GUILLAUME BELLOM 

Vous êtes tout jeune. 23 ans ?
Plus tout jeune… 26 ans !

Tout jeune quand même, et déjà un beau parcours avec une carrière internationale…
Quand et comment avez-vous décidé de suivre cette voie?
Je n’ai pas décidé à un moment précis que je deviendrai musicien professionnel. Ça s’est dessiné au fur et à mesure de ma vie. J’ai commencé le violon et le piano au Conservatoire de Besançon. Puis j’ai continué au CNSM (Conservatoire Supérieur) de Paris. Ces établissements sont propices aux rencontres. Ce sont des lieux d’échange où se côtoient des artistes et d’autres professionnels du milieu tels que les managers, techniciens, théoriciens, indispensables pour favoriser les rencontres avec le public et organiser de nombreuses manifestations (concours, concerts, festivals, etc.). C’est une suite d’évènements et de rencontres qui m’ont amené à continuer dans cette voie et qui m’ont permis de faire ma place dans ce milieu. Paris reste, quoi qu’on dise, un centre névralgique pour ce genre de rencontres.

 

Je préfère poser les pierres une par une, pour prendre le temps de m’accomplir en tant que musicien 

Avez-vous une stratégie de carrière ?
Certains musiciens peuvent être remarqués subitement lors d’un concours et émerger de manière fulgurante. Pour ma part, je souhaite prendre le temps de me construire, de m’accomplir en tant que musicien, pour construire un jeu, un répertoire, des singularités pour rester en adéquation avec ce que je suis et ce que je recherche. Je pense que la phase de construction doit être proportionnelle à la durée de l’engagement.

Avez-vous une équipe proche autour de vous qui s’occupe du développement de votre carrière ?
Un pianiste est assez solitaire, il est donc important d’être entouré de personnes de confiance. J’ai effectivement une agence artistique qui m’aide dans le choix des concerts et des festivals. Mais je suis également en contact avec des personnes qui croient en moi, tel que Yves Petit de Voize qui m’a proposé dès mon arrivée à Paris de nombreux projets (résidence artistique, Festivals à Deauville). C’est une personne très importante pour moi.

 

On nourrit sa musique avec ce que l’on vit à l’extérieur

Comment articulez-vous cette vie artistique avec votre vie privée ?
Y a-t-il une porosité pleine et entière entre elles ?
C’est important pour moi de me fixer un cadre (de vie) avec les horaires de travail au piano. C’est un travail très solitaire et chronophage. Mais je prends soin de garder quotidiennement des moments où je m’échappe. J’ai toujours gardé une place importante pour tout ce qui n’est pas musique. C’est une nécessité pour moi, par exemple, de pratiquer un sport. Je fais énormément de tennis.

 

Je donne au public la musique que je veux et non celle qu’il attend

Lorsque vous jouez en public, quelle place donnez-vous aux auditeurs ?
Les auditeurs ont évidemment une importance primordiale : ce sont eux qui donnent sens, entrent en résonance avec la musique que l’ont joue. Le public participe même activement au concert, par la qualité du silence, les vibrations qu’il dégage. Cependant, l’un des risques en tant qu’interprète serait de jouer pour plaire, et ça s’entend ! Cette démarche serait même dangereuse. Mon objectif est d’être sincère avec moi même et de délivrer la musique que je veux, dans une totale intégrité artistique.

 

La transmission est un processus essentiel

Vous êtes le fil rouge de ces 4 jours du Conservatoire consacrés au piano. 
Y viendrez-vous en tant que pédagogue, concertiste… ?
Je viens surtout en tant que musicien, parler de musique avec d’autres musiciens. Je reviens au Conservatoire de Besançon, où j’ai appris la musique de 6 à 16 ans pour transmettre à mon tour. Donner, recevoir, redonner. Nous sommes tissés de ces échanges, dont certains transforment durablement notre vie.

J’ai appris le piano auprès de Sylvia Kohler, enseignante au CRR de Besançon, et dans le cadre de ce projet je donnerai une master-class aux grands étudiants du Conservatoire et certainement à ceux de Sylvia. Un retour que je fais avec plaisir.
Je serai également sur scène avec le Jeune Orchestre Symphonique du Conservatoire. Jouer avec cet orchestre… je le conçois comme un échange de musicien à musicien.

On peut transmettre un savoir, des valeurs, mais on peut aussi transmettre une façon de voir le monde, une identité…  on peut parler de son expérience à travers la musique, même entre différentes générations.
Veut-on en faire son métier ? Cette question comprend beaucoup d’inconnues, mais je peux raconter mon expérience et la partager avec grand plaisir.

Vous avez un site web, des réseaux sociaux…
Aujourd’hui quand vous êtes artiste, vous êtes aussi un communicant. On est obligé de passer par là. Ça fait partie du métier.

Quels sont vos souvenirs du Conservatoire de Besançon ?
Mes premières auditions… les premiers contacts avec le public sont toujours très marquants.
Le Conservatoire faisait partie de mon quotidien. C’était une constante comparée aux changements d’établissement de l’école primaire au collège, au lycée… le Conservatoire était comme une sorte de refuge pour moi.

 

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Site internet : www.guillaumebellom.com

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